Lexique – Introduction

Le vocabulaire anglo-saxon de base est pauvre, fait de mots courts (de 1 à 6 lettres), ne différant souvent entre eux que d’une seule lettre, mais aux sens différents, voire opposés, sans parler de la prononciation. Il est massivement monosyllabique, à quelques exceptions près à partir de cinq lettres. Encore s’agit-il souvent de mots composés, pour ne pas dire accolés, dont voici un aperçu :

–  aftermath (après la moisson = conséquence), armhole (trou de bras = emmanchure), arse-kissing (GB)/ass-kissing (US) (embrassant le cul = lèche-cul)

–  backbone (os du dos = colonne vertébrale), backlash (retour de fouet = contrecoup), barnyard (cour de la grange = basse-cour), beekeeping (gardage des abeilles = apiculture), blowhole (trou pour souffler = évent), bone-deep (profond jusqu’à l’os = très profond), breakdown (rupture vers le bas = dépression), breakfast (rupture du jeûne = petit-déjeûner), breakthrough (rupture à travers = percée), breastbone (os de poitrine = sternum), breathtaking (prenant le souffle = époustouflant), broadcast (jeter large = diffuser), broadway (chemin large = route), buckwheat (blé de hêtre = sarrasin), bulwark (ouvrage de troncs = rempart)

–  cheekbone (os de la joue = pommette), cloudburst (éclatement de nuage = trombe), cobblestone (pierre à paver = pavé), cobble together (paver ensemble = bricoler), crayfish (poisson crabe = écrevisse), crossbow (arc en croix = arbalète)

–  doomsayer (diseur de destin = Cassandre), doorbell (cloche de porte = sonnette), download (charger en bas = télécharger), downtown (ville du bas = centre-ville US), dumbfound (trouvé muet = sidérer)

–  eardrum (tambour d’oreille = tympan), eavesdrop (se tenir sous l’avant-toit d’où tombe la pluie pour = écouter à l’intérieur), elbow (arc du bras = coude)

–  fallout (tomber dehors = retombées), farewell (va bien = adieu), firefighter (combattant du feu = pompier), firewall (mur anti-feu = pare-feu), fishhook (crochet à poisson = hameçon), flagship (vaisseau pavillon = fleuron), footbridge (pont à pied = passerelle), forecast (jeter à l’avant = projeter), forehead (à l’avant de la tête = front), foresee (voir à l’avant = prévoir)

–  grapeshot (tir de raisins = mitraille), graveyard (cour de tombes = cimetière), greenhouse (maison verte = serre), groundhog (porc de sol = marmotte)

half-staff (à demi-bâton = en berne), handrail (rail de main = rampe), hatchback (trappe arrière = arrière), hayloft (grenier à foin = fenil), haywire (fil à foin = détraqué), heartthrob (qui fait battre le cœur = tombeur), hedgehog (porc de haie = hérisson), highlight (éclairer haut = mettre en lumière), high-pitched (lancé haut = aigu), holidays (jours saints = vacances), homesick (malade de la maison = nostalgique), horseshoe (soulier de cheval = fer à cheval)

–  jaw-dropping (mâchoire tombante = à laisser bouche bée), junkyard (cour pourrie = dépotoir)

kickback (coup de pied en arrière = rétrocommission), knotweed (herbe nouée = renouée)

–  lighthouse (maison de lumière = phare), limestone (pierre à chaux = calcaire), lodestone (pierre qui conduit = magnétite)

–  mainland (terre principale = continent), mainstream (courant principal = dominant), makeshift (fait de changement = improvisé), make-up (faire en haut = maquillage), mealy-mouthed (bouche de farine = hypocrite)

–  network (filet de travail = réseau)

–  offspring (qui provient de = progéniture), outlast (durer hors de = survivre à), outreach (portée externe = rayonnement), outskirts (hors de la jupe = environs), outspoken (parlé vers l’extérieur = expressif), oversew (coudre par-dessus = surfiler), overtake (prendre le dessus = dépasser)

–  pigtail (queue de cochon = natte), porthole (trou sur le port = hublot), pullover (tirer au-desssus = chandail)

–  rainbow (arc de pluie = arc-en-ciel), runabout (pour courir aux alentours = petite voiture), runoff (au décours de = finale), runway (voie de course = podium), runaway (courir au loin = fugue)

–  seaweed (herbe de mer = algue), shellfish (poisson à coquille = crustacé), shortfall (tomber à court de = déficit), shutdown (fermer en bas = mise à l’arrêt), sidekick (poche de côté = compagnon), sidewalk (marcher sur le côté = trottoir), slaughterhouse (maison de massacre = abattoir), slipshod (chaussé de mules = négligé), songwriter (écrivain de chanson = parolier), sourdough (pâte acide = levain), spotlight (tache de lumière = projecteur), stalwart (valeur d’être debout = pilier), starboard (le bord qui dirige avec la godille = tribord), steadfast (fixé stable = constant), stillbirth (naissance silencieuse = mort-né), strawberry (baie de paille = fraise), stubborn (né souche = rigide), sunlight/sunshine (lumière/éclat du soleil = ensoleillement), sweetheart (doux cœur = chéri/e)

–  tailbone (os de queue = coccyx), tailgate (porte de queue = hayon), takeoff (prendre le large = décollage), thanksgiving (donnant des remerciements = gratitude), threshold (où on se tient en tapant ses chaussures = seuil), tight-knit (tricoté serré = soudé), timeframe (cadre de temps = période), twilight (lumière entre deux = crépuscule), twinset (ensemble jumeau = coordonné)

–  underdog (chien soumis = opprimé), underground (sous la terre = métro)

–  wheelbarrow (portage sur roue = brouette), whiplash (lanière du fouet = coup de fouet), whirlpool (bassin qui tournoie = tourbillon), wholesaler (qui vend le tout = grossiste), widespread (largement répandu = généralisé), windfall (tombé avec le vent = aubaine), worldwide (vaste monde = mondial), worship (bateau de valeur = culte/adoration)

Certains d’entre eux doivent être affublés d’un préfixe et/ou d’un suffixe français pour étendre leur usage : dislike (ne pas aimer), drinkable (buvable), embedded (embarqué), endearment (affection), enliven (vivifier), entanglement (enchevêtrement), insight (introspection), laughable (risible), liveable (vivable), misfire (rater), misfit (asocial), mishandle (malmener), mistake (méprise/se méprendre sur), multiplayer (multijoueur), outage (panne), rebuild (reconstruire), reset (réinitialiser), shortage (pénurie), unbearable (insupportable), unbelievable (incroyable), unliveable (invivable), uneven (inégal), unforeseeable (imprévisible), unforgettable (inoubliable), unmistakable (indubitable), untameable (indomptable), witticism (mot d’esprit). La structure enfantine des mots créés par collage allonge les mots et devient un handicap par rapport au français, quand même un peu moins caricatural que dans la langue allemande. Enfantin et même imagé, pour que tout le monde comprenne, comme dans build back (construire à partir du dos = reconstruire) au lieu de rebuild. Nous avons-nous-même ajouté le coloriage au collage, pour être encore plus pédagogique.

Le préfixe a- est mis à toutes les sauces, il est rarement privatif comme en grec et en français. Il peut signifier at comme dans abed (au lit), above (au dessus), abroad (à l’étranger), across (à travers), afar (au loin), afoot (à pied), afresh ou anew (à nouveau), aground (à terre), akin (apparenté), apart (à part), ashore (à terre), astride (à cheval), aware (au courant/conscient), away (au loin). Il peut signifier by comme dans aday (par jour). Il peut signifier in comme dans aback (en arrière), ablaze (en feu), afore (en avant), ahead (en tête), alive (en vie), ashamed (en honte/honteux), asleep (endormi), awaiting (en attente), awake (en veille/éveillé). Il peut signifier of comme dans abreast (de front), aside (de côté). Il peut signifier on comme dans arise (survenir/surgir).

Le vocabulaire anglo-saxon contient un ordre caché, non alphabétique, que nous allons découvrir ensemble. C’est pourquoi nous parlons ici de lexique et non pas de dictionnaire, car l’Anglais est quelque part une sorte de « schizophrène » (du gr. skhizein, fendre), dont la langue est littéralement « fendue » entre le lexique anglo-saxon et le dictionnaire anglo-normand, et qui a fini par décompenser sa psychose à l’occasion du Brexit (en réalité un Saxonexit). Le moi anglais est clivé entre un moi anglo-normand, qui reste dans la réalité, et un moi anglo-saxon, qui reste ancré dans le déni depuis le traumatisme de la bataille d’Hastings : c’est la faille saxo-normande, qui se cache jusque dans la langue soi-disant commune et nationale.

Facteur aggravant, ces deux personnalités clivées communiquent mal entre elles car elles ne parlent pas tout-à-fait la même langue. Seule l’écrasante supériorité d’une langue sur l’autre (10 contre 1,5 en faveur du normand) avait jusque là masqué le délire, c’est-à-dire l’absence de compromis.

Le référendum sur le Brexit a fait subitement flamber la psychose et l’a révélée au grand jour devant une opinion mondiale médusée. Le clivage traditionnel entre travaillistes et conservateurs a lui-même volé en éclats, le nouveau clivage opposant par exemple les premiers ministres Johnson le Saxon à May la Normande au sein des Tories, Johnson étant lui-même suivi par une autre Normande (Truss). Il opposait déjà Johnson, fils de grands bourgeois saxons, aux rejetons de la noblesse normande lorsqu’il était pensionnaire au collège d’Eton (école pour garçons fondée en 1440 par Henry VI et dont le blason comporte une fleur de lys), où il devait accepter au-dessus de son lit l’inscription en latin SNOB, sigle de Sine Nobilitate, c’est-à-dire Sans Noblesse. Le même Johnson, en bon fermier saxon de l’intérieur (rappelons-nous que la moitié du littoral anglais est possédée par les Normands), empêchera plus tard les pêcheurs français, c’est-à-dire normands, picards et bretons de pêcher dans les eaux anglaises pour se venger inconsciemment de cette ancienne invasion normande qui l’avait privé de la noblesse tant désirée. Le Brexit était bel et bien dirigé d’abord contre les Normands, quel que soit leur côté du Channel, et non contre la France et l’Europe comme on l’a d’abord supposé : c’est avant tout une querelle domestique, un règlement de comptes entre Anglais !

Le clivage traditionnel a donc été emporté par une invasion pulsionnelle qui répondait près de mille ans plus tard à l’invasion normande, par le jeu d’un politicien ignare et irresponsable. Jeanne d’Arc avait mis fin à la guerre de Cent Ans entre les Français et les Anglais, le premier ministre Cameron a mis fin à une paix intérieure de Mille Ans entre les Normands et les Saxons. C’est lui qui aurait mérité d’être brûlé sur le bûcher, car son référendum a été proprement diabolique, en révélant une langue fourchue, fendue entre le saxon et le normand, que personne n’avait voulu voir. Accessoirement, il a réalisé le Blocus continental dont Napoléon avait rêvé et qui avait pris définitivement fin près de deux cents ans plus tôt avec la défaite de l’Empereur à la bataille de Waterloo : la proximité sémantique de Cameron et de Cambronne (général français mort à Waterloo) n’est sans doute pas due au seul hasard. Maintenant, ou les Anglais resteront dissociés, ce qui les mènera à la ruine et gagnera les États-Unis (la contagion a commencé avec Trump) qui commenceront leur déclin, ou ils guériront, ce qui passera par la prise de conscience et donc par une cure psychanalytique collective. On peut parler à ce stade d’une véritable psychanalyse du Brexit. On peut dire aussi qu’ignorer Freud dans la langue anglaise serait équivalent à ignorer Einstein en physique.

Un second référendum, dans l’espoir de faire gagner les partisans du « Remain » n’aurait servi à rien car on ne referme jamais à temps la boite de Pandore une fois qu’on l’a ouverte et que la seule chose qui ne s’en échappe pas alors est justement l’espoir. Certains diront qu’elle avait été ouverte une première fois en 1975, mais c’était alors un référendum pour entrer dans la Communauté économique européenne (comme le Commonwealth) et non pour sortir de l’Union européenne. Les Sécessionnistes Anglo-saxons n’ont pas répondu à la question vraiment posée, ils ont vu symboliquement l’occasion de sortir de l’Union forcée avec les Normands qu’ils gardaient au fond de leurs tripes, et celles-là ne sont pas à la mode de Caen. C’est cette boite-là qui ne pourra pas être refermée.

Pour revenir à la sémantique, ce lexique est celui d’un langage enfantin, digne des bandes dessinées, que vous retiendrez par associations. Il explique le caractère bon enfant des peuples de base anglo-saxons, qui diffère des élites franco-latines, surtout l’anglaise avec son accent précieux aristocratique qui contraste avec l’accent paysan américain ou l’accent exotique indien. Il pourrait finalement se résumer à une simple consigne, donnée aux enfants qui apprennent les mots qui le composent, strate par strate, de « ne pas confondre » :

Lexicon introduction

The Anglo-Saxon basic vocabulary is poor and made of short words (from 1 to 6 letters) in which the difference is often only a letter, but these words have different, even opposite meanings, not to mention the pronunciation. It is massively monosyllabic, with a few exceptions from 5 letters on. Often it is a matter of compound words, or even joined together. Here is an overview:

SEE ABOVE

Some of them must be dressed with a French prefix and/or a suffix to extend their use: drinkableendearment, enliven, entanglement, insight, laughablemisfire, misfit, mishandlemistake, multiplayer, outage, rebuild, reset, shortage, unbearable, unbelievable, unliveableuneven, unforeseeableunforgettable, unmistakable, witticism.

The childish word structure created by collage makes them longer and becomes a handicap compared with the French language which is still a little less caricatural than the German language. Childish and even figurative, for everybody to understand as in build back instead of rebuild. We have ourselves added colouring to collage, in order to be more pedagogical.

The prefix a- is used and overused, it is rarely privative like in Greek and in French. It can mean at like in abed, above, abroad, across, afar, afoot, afresh or anew, aground, akin, apart, ashore, astride, aware, away. It can mean by like in aday. It can mean in like in aback, ablaze, afore, ahead, alive, ashamed, asleep, awaiting, awake. It can mean of like in abreast, aside. It can mean on like in arise.

The Anglo-Saxon vocabulary contains a hidden, non-alphabetical order which we are going to discover together. This is why we are here talking about lexicon, and not about dictionary, for the Englishman is in some way a kind of “schizophrenic” (from the gr. skhizein, split) whose language is literally   “split” between the Anglo-Saxon lexicon and the Anglo-Norman dictionary, and who finally decompensated his psychosis at the time of Brexit (actually a Saxonexit). The English ego is cleaved between an Anglo-Norman ego, which remains in reality, and an Anglo-Saxon ego, which has still been rooted in denial since the trauma of the Hastings battle: It is the Saxon-Norman rift, which even hides in the so-called common and national language.

Aggravating factor, these two cleaved personalities badly communicate, because they do not really speak the same language. Only the overwhelming superiority of one language over the other (10 to 1.5 in favour of the Norman) had so far masked the delirium, that is to say the absence of compromise.

The Brexit referendum made the psychosis flare up and revealed it in the open in front of a dumbfounded world opinion. Even the traditional cleaving between the Labour and Tory shattered, and the new cleaving opposed for example the Prime Ministers Johnson the Saxon to May the Norman in the core of the Tories. It already opposed Johnson, son of upper middle-class Saxons, to the offspring of the Norman nobility when he was a student at Eton College (boys’ school founded by Henry VI; its coat of arms has a fleur-de-lys), where he had to accept above his bed the Latin inscription SNOB, acronym of Sine Nobilitate, that is to say without nobility. The same Johnson, as a good Saxon inland farmer (remember that half of the English coast is possessed by the Normans), will later prevent the French fishermen, that is to say Normans, Picards and Britons, from fishing in the English waters, in order to take unconsciously revenge for that old Norman invasion which had deprived him of this so desired nobility. First, The Brexit was indeed directed against the Normans, on either side of the Channel, and not against France and Europe as we had initially supposed: It is above all a domestic quarrel, a setting of scores between English people!

So the traditional cleaving was swept away by an instinctual invasion which responded nearly one thousand years later to the Norman invasion, through an ignorant and irresponsible politician. Joan of Arc had put an end to the Hundred Years war between French and English, the Prime Minister Cameron put an end to a one hundred years old domestic peace between Normans and Saxons. HE would have deserved to be burned on the stake, because his referendum was definitely diabolical, revealing a forked tongue, split between Saxon and Norman, which nobody  had wanted to see.

Additionally, he has carried out the continental blockade which Napoleon had dreamed of, and which definitely ended nearly two hundred years before when the Emperor was defeated at the battle of Waterloo: the semantic proximity of Cameron and Cambronne (French general who died in Waterloo) is probably not due to chance only. Now, either the English will remained dissociated, which will lead them to the ruin and will affect the United States (the contagion started with Trump) which will begin to decline, or they will recover, and it will involve awareness and then a collective psychoanalytic treatment. We can talk at that point of a real psychoanalysis of Brexit. We shall add that ignoring Freud in the English language would be equal to ignoring Einstein in physics.

A second referendum, in the hope of making the supporters of the “remain” win, would have been useless because you cannot close Pandora’s Box once you have opened it and that the only thing which does not escape then is actually hope. Some will say that it had been opened a first time in 1975, but it was then a referendum to enter the European Economic Community, (like the Commonwealth), and not to get out of the European Union.  The Anglo-Saxon secessionists did not answer the question that was really asked, they saw symbolically the opportunity to get out of the forced union with the Normans which they kept deep in their guts, and these ones are not in Caen’s style. They will not be able to close that very box.

To go back to semantics, this lexicon is composed of a childish language, reminding us of comics that you will remember by associations. It explains the good-natured temper of the basic Anglo-Saxon peoples, which differs from the French-Latin elites, especially the English one with its precious aristocratic accent which contrasts with the American rustic accent or the exotic Indian accent.  It could finally come down to this simple instruction, given to the children who learn the words which it is composed of, layer by layer: “do not confuse”: